Chers Collègues,

S’il est un sujet où nous trouvons habituellement des convergences dans cette enceinte, c’est bien, entre autres, celui du sport. Dans la période de crise sanitaire que nous traversons, celui-ci revêt plus que jamais une importance particulière pour la santé des personnes, quel que soit leur âge. Et nous pouvons dire, pour la santé physique, morale et psychique.

Mon intervention reprendra trois points principaux.

Le premier concerne notre soutien aux acteurs dits Institutionnels. Le rapport nous rappelle les conventions d’objectifs qui permettent de déployer la compétence sportive du département. C’est à la fois un bon outil et nous sommes tout à fait favorables pour cibler les territoires en difficulté ou carencés, en lien avec nos compétences sociales et éducatives. Pour élargir le débat, peut-être devrons-nous à l’avenir, octroyer à nouveau quelques subventions de fonctionnement à des comités ou structures qui peuvent en ces temps de crise être plus en difficulté ; l’appel à projets ne peut répondre à tout, il ne peut pas permettre une sécurité suffisante et pérenne quant au fonctionnement des structures. Il y aura peut-être un nouveau dosage à trouver dans le futur mandat, entre ce qui doit relever du projet et ce qui doit aider au fonctionnement minimum des structures. Si certains clubs ou associations disparaissent, ce sera tout un pan de la vie qui disparaitra dans nos territoires, qu’ils soient urbains ou ruraux.

Le second point aborde la question du sport professionnel. Là aussi des structures souffrent. Ce sont souvent des entreprises avec des salariés, et l’absence de public lors des compétitions est un vide terrible, un vide de sens, tout autant qu’un manque de recettes financières. Les matchs à huit clos ont un intérêt bien limité.

Il faut et faudra continuer à soutenir les structures professionnelles qui ont un effet d’entrainement sur le sport de masse. Attention toutefois avec le monde du foot professionnel qui est un monde à part et qui s’est particulièrement illustré par son manque de clairvoyance. Non seulement le foot pro manque de recettes du à l’absence de billetterie et de public, mais en plus il est victime de la cupidité et de la folie des grandeurs des dirigeants de la Ligue( à ne pas confondre avec la fédération). Ceux-ci étaient très fiers d’avoir passé un contrat avec un opérateur télévisuel pour près d’1,3 Milliard€. L’année précédente les chiffres tournaient autour de 700 millions€ et il y a cinq ans seulement à 450 millions€, vous voyez l’inflation…. Ces sommes que l’on appelle les droits télé retombent évidemment dans les clubs, pour permettre certes des investissements, mais aussi des dividendes et salaires….Sauf que cette année, comme si la pandémie ne suffisait pas, ce modèle inflationniste se pète la figure car l’opérateur Médiapro ne peut tenir ses engagements ! Les droits télé vont donc probablement revenir à ce qu’ils étaient il y a encore un an ou deux, après une grosse période de flottement. Ce ne sera probablement que juste retour des choses, sauf que….ces mêmes dirigeants vont aujourd’hui réclamer de l’argent à l’ETAT comme victimes aussi de la pandémie… Quelle curieuse démarche de privatiser les bénéfices quand l’argent coule à flots (et quels montants !) et de collectiviser les pertes, dont les principales sont dues à une  gestion irresponsable et à une fuite en avant ! Faudra-t’il que l’argent public compense les imprudences et la folie des grandeurs d’un petit groupe de dirigeants ? Aussi, en ce qui nous concerne, devrons-nous être vigilants dans nos soutiens, il en va aussi du respect de tous ceux qui font vivre le sport dans tous les territoires, il en va de notre responsabilité.

Dans le troisième point je veux parler de l’appel à projets. Nous relevons dans ce qui a été fait, beaucoup d’imagination, d’engagement et de solidarité de la part des clubs et associations dont les propositions ont été retenues dans le dernier appel à projets. Des initiatives sont très positives, imaginatives, originales et touchent une diversité de publics, répondant également à différentes problématiques qui sont dans le champ de nos compétences. Il faut saluer les bénévoles et salariés des associations qui s’engagent avec nous sur les priorités définies. L’appel à projets est une formule souple et prouve, s’il en était besoin, combien le sport est un outil tellement utile à notre société, comme peut l’être aussi la culture avec ses spécificités. Pour l’appel à projets à venir, les instances sportives ont souhaité travailler un peu plus en profondeur la ligne «  performance » qui est une des quatre orientations avec le sport santé, la citoyenneté et le sport nature. Bien entendu il faut essayer de répondre à leur attente et le travail entrepris va en ce sens mais il nous semble qu’une autre direction est pour le moins aussi urgente et bien plus prioritaire. Nous l’avons exprimé en commission, à savoir un travail sur la parentalité (que nous pourrions intégrer dans le volet citoyenneté). Les pratiques éducatives des clubs, destinées aux enfants, rencontrent aussi des difficultés liées à différents facteurs. Nous pourrions réfléchir au rôle du sport, aux pratiques existantes ou à favoriser dans le champ de la parentalité. Les bénévoles et salariés des clubs expriment souvent des besoins et des manques dans l’accompagnement ou le manque de présence des parents. Le champ éducatif est toujours une préoccupation pour les clubs qui accueillent la jeunesse. Comment pouvons-nous les aider ainsi que les parents pour répondre à ces questions ? Tout un travail partenarial sur ce sujet pourrait être engagé, y compris avec les collèges et pourquoi pas différentes structures du champ éducatif et de la prévention. C’est une suggestion qui mérite à notre sens toute une réflexion dans laquelle nous sommes prêts à prendre notre part.

Voilà chers Collègues ce que nous voulions exprimer, le sport est un formidable levier au service des personnes que notre département accompagne, un outil social et éducatif, pour le bien-être et l’épanouissement de tous.

Jean-Luc ROTUREAU