Monsieur le Président, Chers Collègues,

On arrive à la conclusion de nos débats, et avant que Greg ne précise les choses pour notre groupe, je voudrais vous dire que, même si nous avons eu des désaccords…il faut le dire Monsieur le Président, on est entre nous et je vous livre le fond de ma pensée, j’ai bien réfléchi : « vous n’êtes pas un mauvais bougre ». Bon, on s’est dit des choses hier. Il faut oublier, tout peut s’oublier (vous savez bien), oublier le temps des malentendus, oublier le temps perdu…D’ici à vous dire «  ne me quitte pas », il y a un pas que je ne franchirai pas !

Alors à l’heure de conclure, on reprend le débat de fond et sérieusement désormais. Je vous demande de m’écouter attentivement. On a souvent dans cette assemblée des débats de méthode, de façon de faire. Pour certains c’est un débat secondaire, sans grande importance. Pourtant, pour nous, c’est un débat fondamental. Le sujet de fond est très souvent, à travers d’ailleurs des échanges très intéressants, qu’on a eus depuis hier matin – par exemple sur le développement durable, le schéma vélo, les investissements, le plan de relance, les contrats de territoire et j’en oublie – le débat de fond est : « quelle place du département dans le paysage territorial en 2021 ? Comment on mobilise les fonds publics ? » Le comment est aussi important que le combien. Et évidemment ce débat-là oriente tout le reste, y compris les choix budgétaires. C’est compliqué, pas toujours lisible il faut l’admettre, surtout pour l’extérieur. Posons-nous deux minutes : que s’est-il passé depuis le début de ce mandat en 2015 puisqu’on est un peu à l’heure du bilan ? Eclairons les termes de ce débat et redonnons-lui des éléments contextuels et aussi structurels.

Prenons conscience chers Collègues des changements considérables dans le paysage territorial durant ces années, que de mouvements conséquents !

1 – la loi NOTRE de 2015 bien sûr qui a notamment mis en avant les régions et les EPCI.

2 – les communes nouvelles, mouvement commencé avant le mandat, consacré depuis 2015 puisque ce département est passé de 365 communes à 177. Philippe CHALOPIN, président de l’AMF49 est un des premiers artisans (et j’allais dire militant) de ce mouvement avec Baugé en Anjou mais aussi Gilles GRIMAUD pour le Segréen ou Marie-Jo HAMARD ou d’autres dans les Mauges…

3 – la consécration du département dans ses compétences, effectivement depuis la loi NOTRE, à la fois la perte de clause générale de compétence mais surtout notre rôle primordial sur les solidarités sociales et territoriales.

4 – un taux de rigidité de nos dépenses, Philippe CHALOPIN l’a rappelé, de 82%, avec des recettes fragiles, des contraintes sur nos finances qui nous laissent peu de marges de manœuvre.

Partant de ces réalités, qui s’imposent à tous, on ne peut pas revenir en arrière, le passé n’existe plus. On doit ajuster nos façons de faire, de piloter ces 800 millions d’euros. Le grand débat de cette session, ce n’est pas, excusez-moi, quelques amendements ou si on est pour, contre, de droite, de gauche, du centre, de nulle part….NON, le grand débat de cette session Chers Collègues, prenons de la hauteur, est : quelle contractualisation aujourd’hui et demain avec les autres collectivités et avec les autres échelons des politiques publiques ? Etat, région, EPCI, communes…Comment fait-on levier ? Pour nous, c’est un débat qui doit se prolonger. La contractualisation d’aujourd’hui et de demain ne peut pas être celle d’hier. Vous ne pouvez pas Chers Collègues, d’un côté donner le feu vert au Président le 25 janvier, lors de nos orientations budgétaires, pour signer avec l’ ETAT au sujet du plan de relance page 10 du rapport, je cite «  afin d’avoir la réactivité nécessaire et faciliter le dépôt des dossiers » comme si le sujet était technique, et d’un autre côté réintroduire aujourd’hui des contrats de territoire (15 millions€ sur trois ans) comme on le faisait dans le temps !….NON, notre façon de travailler ne peut pas être la même qu’hier, je souhaite simplement qu’on entende ce message et que l’on soit des visionnaires. Je vous demande Monsieur le Président, de faire comme vous l’avez fait sur d’autres dossiers, de missionner et faire travailler vos services. Vous avez des cadres de qualité, ils ont toutes les compétences, pour qu’à l’avenir on puisse contractualiser à tous les niveaux, y compris avec l’ETAT, pour jouer tout notre rôle, pour donner plus d’argent et de moyens pour nos territoires, sur nos priorités départementales autour des solidarités.

Je vous remercie.

Jean-Luc ROTUREAU